Signes cliniques : un double signe du réel

Christine Jeanney, Signes cliniques, Publie.net (Coll. Temps réel), juillet 2011, 56 p.

Elle nous a donné un texte qui nous prend aux tripes. Toutes celles qui ont connu les barreaux froids des lits d’hôpitaux, et ce, peu importe les raisons, ne peuvent rester indifférentes à ces signes cliniques qu’elle raconte. Un double signe dans cet espace. D’une part, c’est le réalisme des objets, visibles, incarnés, qui se veulent tangibles, bien présents, du moins, c’est ce que l’on croit, premiers signes-objets délimitant la distance entre soi et les murs de la pièce. D’autre part, avec la figure de la fenêtre se profile une véritable figuration de la médiation, du regard porté; ce sont tous ces signes-mots qui permettent de nommer l’intérieur et l’extérieur : soi vs monde, chambre vs hôpital, hôpital vs dehors. Le mouvement d’observation se fait de l’intérieur vers l’extérieur, et vice versa. C’est l’écriture à la fenêtre, des mots offerts à tous les corps fragiles, de la narratrice à celles qui sauront partager son expérience floue, entre deux mondes : celui des objets aseptisés témoins des symptômes cliniques et celui de l’écriture intime face à ce réel. Il s’agit de deux mondes inextricablement liés et problématisés dans le récit. Comment décrire tout cela? Heureusement, il y a toujours une fenêtre, ainsi que la voix particulière de Christine Jeanney.

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