Le rôle du ménage chez Miyazaki

Alors que Disney annonce la sortie prochaine d’un coffret blu-ray collector Hayao Miyazaki, comme à chaque été, je réécoute tous mes classiques Miyazaki (Père et fils) de ma vidéothèque perso. À chaque saison son ambiance propre et sa fiction la plus importante : si l’automne et sa grisaille de novembre font toute la place au Mordor et à la trilogie de Tolkien par Peter Jackson, je dirais que l’été appartient à Miyazaki et aux films du Studio Ghibli, où les histoires sentent le ramen, la sauce soya, les poissons en friture, les couchers de soleil et la poussière de magie. Les repas, ou plutôt la préparation des repas, jouent un rôle primordial chez Miyazaki, peut-être que j’y reviendrai, mais ce qui m’a saisi le plus dernièrement, c’est le ménage comme accélérateur et pivot du récit.

du ménage pour dépoussiérer un coeur

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C’est en regardant Le château ambulant (Hayao, 2004) la semaine dernière et La colline aux coquelicots (Goro, 2011 : vu 3 fois depuis la semaine passée, oui, oui!), que j’ai réalisé la grande place que prenait le ménage dans ces deux films. Dans Le château ambulant, une histoire pleine de magie, c’est Mamie Sophie qui débarque sans cogner par soir de grand vent, jeune femme frappée par un sort de vieillesse, mais non désoeuvrée, parce qu’il y a tout à remettre en ordre dans ce château! Et dans cette histoire, ranger et nettoyer de fond en comble peut facilement vouloir dire dépoussiérer et remettre de l’ordre dans le coeur du magicien Hauru… et précipiter les actions qui s’ensuivent…

du ménage qui sauve les meubles

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Sept ans plus tard, la thématique est reprise par Miyazaki-fils dans une fiction réaliste cette fois, La colline aux coquelicots : Umi, une jeune lycéenne, propose de faire un grand ménage du foyer des étudiants du Quartier latin pour éviter la démolition du bâtiment (devant faire place à une nouvelle construction). Une idée de génie qui va sauver les meubles (et pas que)! Dans les deux oeuvres, c’est la femme qui, de son propre chef, arrive avec sa solution (le ménage), qui précipite les actions et les événements, vers une conclusion (heureuse).

du ménage qui bouscule l’univers en place

Cela n’est pas sans rappeler le ménage au début de Mon voisin Totoro (Hayao, 1988), où Mei, quatre ans, et sa grande soeur Satsuki, ouvrent les portes et les placards et bousculent les noiraudes (ces minuscules boules de suie aux yeux blancs qui se cachent dans les recoins de la maison pour vous surprendre!), qui lancent alors le récit dans un univers onirique… (une histoire magnifique avec multiples interprétations possibles, dont celle selon laquelle Totoro incarnerait le Dieu de la Mort : j’aime bien celle-ci, riche de sens!)

mei-et-les-noiraudes

Chez Miyazaki, si on associe la femme au ménage, c’est davantage d’un point de vue métaphorique (Le château ambulant) et pour propulser le récit vers l’avant plutôt que pour cantonner consciemment la femme dans un rôle traditionnel… Le ménage est une scène-pivot, dont la femme est plus souvent qu’autrement l’instigatrice. Et vive le ménage!

4 réflexions sur “Le rôle du ménage chez Miyazaki

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